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				<journal-title>Revista de Tradução e Terminologia</journal-title>
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				<publisher-name>Centro Interdepartamental de Tradução e Terminologia da Universidade de São Paulo</publisher-name>
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			<article-id pub-id-type="doi">10.11606/issn.2317-9511.v40p95-128</article-id>
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					<subject>Articles</subject>
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				<article-title>Les arbres du Brésil dans deux dictionnaires historiques : Le Dictionnaire universel de Basnage et le Vocabulario de Bluteau</article-title>
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				<label>2</label>
				<institution content-type="original">Université Grenoble Alpes et Université Bretagne Sud, France.</institution>
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				<label>3</label>
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			<pub-date date-type="pub" publication-format="electronic">
				<day>20</day>
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				<year>2022</year>
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			<pub-date date-type="collection" publication-format="electronic">
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				<year>2021</year>
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			<volume>40</volume>
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					<license-p>This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution License</license-p>
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				<title>Résumé</title>
				<p>Publié en 1701, la version du <italic>Dictionnaire universel</italic> de Furetière révisée par l’émigré protestant Henri Basnage de Beauval contient de nombreuses mentions de la flore et de la faune brésiliennes, ce qui peut parait surprenant dans un dictionnaire de français. L’explication de cette singularité lexicographique se trouve dans le fait que Basnage a fait appel à un expert en histoire naturelle, le Dr. Régis, médecin huguenot réfugié à Amsterdam. Régis a créé des entrées très détaillées à partir de nombreuses sources en botanique et de récits des voyageurs de l’époque. L’approche qu’il propose dans ces entrées est véritablement encyclopédique. Dans ce texte, nous analysons les entrées concernant des arbres du Brésil afin de retrouver l’ensemble des textes sources employés par Régis. Nous comparons les entrées du <italic>Dictionnaire universel</italic> avec l’autre grand dictionnaire encyclopédique de l’époque, le <italic>Vocabulario</italic> portugais compilé par Bluteau (1712-1728). Les sources utilisées par Bluteau nous permettent quant à elles de mieux comprendre les descriptions de la flore brésilienne à une époque où la classification des plantes restait à faire et où la terminologie botanique était encore balbutiante.</p>
			</abstract>
			<trans-abstract xml:lang="en">
				<title>Abstract</title>
				<p>The 1701 edition of Furetière’s <italic>Dictionnaire universel</italic>, revised by the protestant refugee Henri Basnage de Beauval, contains numerous references to the flora and fauna of Brazil, which could be seen as surprising in a dictionary of French. The answer lies in Basnage’s decision to call upon an expert in natural history, a Dr Régis, a protestant refugee medical practitioner based in Amsterdam. Régis created highly detailed entries drawing on numerous sources in botany and from the descriptions of voyagers of the period. In this paper, we analyse entries concerning Brazilian trees in an attempt to discover the textual sources used by Régis. We compare the entries from the <italic>Dictionnaire universel</italic> with the other great encyclopaedic dictionary of the period, the <italic>Vocabulario</italic> of Portuguese, compiled by Bluteau (1712-1728). The sources used by Bluteau enable us to better understand the descriptions of Brazilian flora at a time when the classification of plants remained to be done and at which botanical terminology was at a very early stage.</p>
			</trans-abstract>
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				<title>Mots-Clés:</title>
				<kwd>Dictionnaire universel</kwd>
				<kwd>Vocabulario</kwd>
				<kwd>Encyclopédie</kwd>
				<kwd>Botanique</kwd>
				<kwd>Basnage de Beauval</kwd>
				<kwd>Régis</kwd>
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				<title>Keywords:</title>
				<kwd>Dictionnaire universel</kwd>
				<kwd>Vocabulario</kwd>
				<kwd>Encyclopaedia</kwd>
				<kwd>Botany</kwd>
				<kwd>Basnage de Beauval</kwd>
				<kwd>Régis</kwd>
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		<p>Ce texte concerne à la fois la traduction et la terminologie, à travers la création d’entrées dans un dictionnaire encyclopédique de la fin du dix-septième siècle. Il s’agit de voir comment des textes français et latins sont traduits en format d’entrées semi-terminologiques pour décrire des arbres que l’auteur n’a jamais vu. L’objectif est de lier un grand dictionnaire à ses sources savantes et de comprendre la méthodologie du compilateur. En plus de ceci, il s’agit d’aller plus loin pour voir comment les outils des humanités numériques peuvent être appliqués à extraire de manière terminologique des connaissances du passé en les formalisant à travers l’emploi de la Text Encoding Initiative.</p>
		<p>La terminologie théorique n’apparait qu’au vingtième siècle, mais dès les débuts de la lexicographie moderne, un besoin de distinguer certains mots comme faisant partie de domaines spécialisés se fait ressentir. C’est ainsi que dès sa première édition en 1690, le <italic>Dictionnaire universel</italic> de Furetière marque certains mots comme « terme de domaine ». Cet aspect terminologique associé aux vocables spécialisés se trouve renforcé dans l’édition de ce même dictionnaire publiée aux Provinces-Unies en 1701. Parmi les thématiques identifiées à cette date, se trouve la botanique. Dans ce domaine, 78 mots relèvent de la flore et de la faune brésiliennes, dont plus d’une trentaine concernent plus particulièrement les arbres et constituent notre corpus d’étude.</p>
		<p>Il est légitime de se demander pourquoi l’on trouve tant de mots brésiliens dans un dictionnaire de français de la fin du dix-septième siècle, et d’observer si un dictionnaire de portugais de l’époque, le <italic>Vocabulario</italic> de Bluteau, reprend ces mêmes mots. Il importe également de s’interroger sur les méthodes respectives adoptées par les lexicographes concernés pour décrire ces arbres brésiliens. Ainsi, dans cet article, nous étudions le contenu des entrées des 31 arbres brésiliens du <italic>Dictionnaire universel</italic> de 1701<xref ref-type="fn" rid="fn4"><sup>4</sup></xref> au travers des textes sources sur le Brésil, entrées contenant quelquefois la dénomination des arbres dans le latin botanique d’une époque antérieure à la classification de Linné. Par la suite, nous analysons la méthodologie descriptive employée dans le Basnage et le degré avec lequel celle-ci est reprise par Bluteau.</p>
		<sec>
			<title>Intégrer la flore brésilienne dans un dictionnaire de langue française</title>
			<p>Un dictionnaire de référence est censé contenir l’ensemble des mots de la langue concernée. C’est ce que l’académicien Antoine Furetière essaye de faire lorsque, en 1690, il commence à travailler sur son <italic>Dictionnaire Universel</italic>. À la différence de l’Académie Française, il ne souhaite pas exclure les termes des sciences et des arts, ni le langage du peuple. Il accepte d’inclure les mots étrangers couramment employés par les Français de son temps, en désignant leurs origines. C’est ainsi que nous trouvons le mot ‘aile’ dans le sens de ‘ale’, la bière anglaise qui était, apparemment, très appréciée par les jeunes français. Cependant, les mots étrangers apparaissant dans la version de 1701 révisée par Henri Basnage de Beauval (<xref ref-type="bibr" rid="B12">Furetière 1701</xref>), dorénavant ‘le Basnage’<xref ref-type="fn" rid="fn5"><sup>5</sup></xref>, ne sont pas toujours des mots du quotidien. On observe en effet de nombreux mots décrivant la faune et la flore du Brésil. Ces entrées sont très certainement l’œuvre de Régis, un des collaborateurs de Basnage dans son entreprise lexicographique. En effet, c’est dans la préface (<xref ref-type="bibr" rid="B12">Furetière, 1701</xref>: n.p.) de l’édition de 1701 que Basnage met en lumière le rôle de Régis<xref ref-type="fn" rid="fn6"><sup>6</sup></xref>: </p>
			<disp-quote>
				<p>Je ne mets pourtant pas sur mon compte les articles d’Algèbre. Cette science m’est inconnue. Je ne m’approprie point non plus ce qui regarde la Medecine, l’Anatomie, la Pharmacie, la Chirurgie, &amp;la Botanique. Je n’ai point voulu me fier à moi-même là-dessus. Un habile homme [Mr. Regis, Medecin à Amst (Amsterdam)] s’en est chargé. On a presque tout effacé ce que Mr. l’Abbé Furetiere avoit dit sur ces Arts, qui n’étoient point de sa compétence.</p>
			</disp-quote>
			<p>Comme souvent dans cette préface, Basnage exagère quelque peu puisque dans la réalité, beaucoup d’entrées n’ont en fait subi que quelques ajouts. Cependant, dans le cas des entrées botaniques, elles ont souvent été totalement réécrites avec le recours à une riche bibliographie. Notre hypothèse est donc que ces réécritures sont l’œuvre de Régis, sa méthode personnelle ayant d’ailleurs déjà été repérée dans d’autres entrées botaniques (<xref ref-type="bibr" rid="B33">WILLIAMS 2021</xref>).</p>
			<p>On peut donc se poser la question de savoir pourquoi Régis - et à travers lui, Basnage - s’intéresse tellement au Brésil et à des termes totalement absents du vocabulaire des Français, excepté un petit groupe de savants. Dans une logique comparative et de recherche de filiation éventuelle entre les dictionnaires de cette époque, il est aussi important de se demander comment Bluteau, qui a été largement inspiré par le dictionnaire de Furetière dans la première édition de 1690, couvre les mots émanant de ce qui était à l’époque une grande colonie portugaise.</p>
			<p>Une partie de la réponse à la première de ces deux questions se trouve dans le fait que la France et les Provinces-Unies, respectivement la patrie d’origine et le pays d’accueil de Basnage et de Régis, ont possédé des colonies dans ce qui est actuellement le Brésil, respectivement au cours des XVI<sup>e</sup> et XVII<sup>e</sup> siècles. Dans les deux cas, des explorations ont menés à la parution d’ouvrages significatifs pour l’histoire naturelle. Des deux expériences coloniales françaises au Brésil, chacune de courte durée, ce qui est connu comme la France antarctique est une petite colonie implantée près de l’actuel Rio de Janeiro entre 1555 et 1560<xref ref-type="fn" rid="fn7"><sup>7</sup></xref> (<xref ref-type="bibr" rid="B22">MARIN 2011</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B18">« Le Voyage au Brésil - LAMO » s. d.</xref>). Ce territoire est visité en 1555 par le prêtre catholique André Thévet qui raconte son voyage dans l’ouvrage L<italic>es Singularitez de la France antarctique</italic> publié en 1557. En 1556, une expédition pour fonder un refuge protestant part avec à son bord un certain Jean de Léry qui, à son retour, publie une <italic>Histoire d'un voyage fait en la terre du Brésil</italic> (1578) (<xref ref-type="bibr" rid="B20">LESTRINGANT, HOLTZ, ET LABORIE 2019</xref>), (<xref ref-type="bibr" rid="B18">« Le Voyage au Brésil - LAMO » s. d.</xref>). Ces deux auteurs français décrivent surtout le pays et les indigènes, mais évoquent également la faune et la flore locales. </p>
			<p>Comme la France avant elles, les Provinces-Unies, cherchant à étendre leur domination sur les mers, se sont également intéressés à l’Amérique du Sud. En 1630, les Néerlandais, désireux de capter le marché du sucre (<xref ref-type="bibr" rid="B24">PIJNING 2002</xref>), parviennent à s’installer dans une partie du Brésil au détriment des Portugais. Cette aventure brésilienne laisse elle aussi des traces dans l’histoire des sciences naturelles. En effet, certaines entrées du <italic>Dictionnaire universel</italic> de 1701 concernant les plantes et animaux du Brésil font référence à un certain Marcgravius, auteur d’une <italic>Historia Naturalis Brasiliae</italic> publiée en collaboration avec Willem Piso et Johannes de Laet, deux auteurs également cités dans la révision de 1701. Derrière la désignation Marcgravius, se trouve Georg Markgraf, ou Georgius Marcgravius, un astronome et naturaliste allemand qui accompagne dans une expédition scientifique le médecin néerlandais Willem Piso, envoyé au Brésil par le comte Johan Maurits van Nassau-Siegen, gouverneur-général de la nouvelle colonie hollandaise, ainsi que par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales<xref ref-type="fn" rid="fn8"><sup>8</sup></xref> (<xref ref-type="bibr" rid="B22">Marin 2011</xref>), (<xref ref-type="bibr" rid="B30">STOKVIS 1883</xref>). De Laet est quant à lui un des historiens les plus renommés de la Compagnie des Indes Occidentales néerlandaise : à leur retour en Hollande, il aide Piso et Marcgravius à publier leur <italic>Historia Naturalis Brasiliae</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B21">MARCGRAVIUS ET PISO 1648</xref>) considérée comme un ouvrage de référence sur la faune et la flore brésiliennes (<xref ref-type="bibr" rid="B30">STOKVIS 1883</xref>). Il est donc à supposer que Basnage et Régis ont eu vent de ces différents textes : nous revenons sur cette hypothèse dans le développement à suivre sur les sources utilisées pour l’écriture des entrées sur les arbres brésiliens. Quant à Bluteau, sa proximité à l’empire portugais facilite la compréhension de l’intérêt que son dictionnaire porte à la botanique brésilienne.</p>
		</sec>
		<sec>
			<title>Les sources utilisées par Régis</title>
			<p>D’où viennent les définitions des arbres du Brésil proposées de manière inédite par le <italic>Dictionnaire universel</italic> de 1701<xref ref-type="fn" rid="fn9"><sup>9</sup></xref> ? En étudiant dans le détail chacune des entrées concernées, on découvre que Régis ne se contente pas de puiser dans une seule source bibliographique. Bien au contraire, il extrait des informations descriptives sur la flore brésilienne dans plus d’une douzaine d’ouvrages publiés entre 1558 et 1694<xref ref-type="fn" rid="fn10"><sup>10</sup></xref>. Les auteurs de ces différentes sources ne sont que rarement cités de manière explicite par Régis dans la trentaine d’entrées prises en compte dans cette étude<xref ref-type="fn" rid="fn11"><sup>11</sup></xref>. Aussi, afin de retrouver leurs traces pour l’ensemble des entrées, nous avons utilisé l’outil, entre autres, <italic>GoogleBooks</italic> car il permet, en saisissant des expressions ou parties de phrases des définitions de Régis, de trouver leurs « jumelles » dans les versions numérisées d’ouvrages plus anciens que la révision du <xref ref-type="bibr" rid="B12">Furetière de 1701</xref>. On peut ensuite prendre le temps de comparer chaque texte et d’établir leurs éventuelles filiations. Si l’usage de cet outil est bien évidemment critiquable (tous les ouvrages de l’époque ne sont pas forcément numérisés ou accessibles sur ce moteur de recherche), il nous a permis de connaitre l’origine de toutes les définitions des arbres brésiliens proposées par Régis.</p>
			<p>Parmi la douzaine de sources découvertes, deux - que nous avons déjà évoquées - portent exclusivement sur le Brésil : <italic>l’Histoire d’un voyage fait en la terre du Bresil, autrement dite Amerique</italic> de Jean de <xref ref-type="bibr" rid="B19">Léry (1578</xref>) et <italic>l’Historia naturalis brasiliae</italic> de George <xref ref-type="bibr" rid="B21">Marcgravius et Willem Piso (1648</xref>), ce dernier titre étant uniquement dédié à la faune et la flore de ce pays ainsi qu’à l’usage qu’en font les populations autochtones. Le collaborateur de la révision du <italic>Dictionnaire universel</italic> puise également des informations dans deux textes qui proposent une description de la nature brésilienne mais aussi de celle d’autres régions du globe (Afrique, Amérique du Nord, Antilles…), à savoir les <italic>Singularitez de la France Antarctique, autrement nommée Amerique : &amp; de plusieurs Terres &amp; Isles decouvertes de nostre temps</italic> d’André Thévet (1558)<xref ref-type="fn" rid="fn12"><sup>12</sup></xref> et l’<italic>Histoire du Nouveau Monde ou description des Indes Occidentales</italic> de Johannes de <xref ref-type="bibr" rid="B17">Laet (1640</xref>). Le Dr Régis tire également quelques données de <italic>l’Histoire naturelle et morale des Iles Antilles de l’Amerique</italic> de Charles de <xref ref-type="bibr" rid="B27">Rochefort (1658</xref>) et de l’<italic>Histoire generale des Antilles habitées par les François</italic> de Jean-Baptiste Dutertre (1667, tome 2), car ces deux auteurs sortent régulièrement du cadre antillais pour décrire des spécimens naturels présents sur le continent voisin. Régis prend même la liberté de puiser quelques morceaux de phrases dans les relations de voyage en Asie de Jacques de Bondt et de Simon de la Loubère afin de mettre en lumière quelques ressemblances entre Indes orientales et Indes occidentales. Enfin, et dans l’optique de faire parler des spécialistes de l’histoire naturelle, le collaborateur de Basnage utilise des écrits portant sur la botanique en général, et non sur une région du monde en particulier : c’est le cas des ouvrages respectifs des botanistes de renom tels que Caspar Bauhin, John Parkinson, John Ray et Clusius (ou Charles de l’Ecluse). Outre ces douze ouvrages, quelques morceaux de définitions proviennent probablement des rares entrées concernant des arbres américains dans le <italic>Dictionnaire</italic> de l’Académie française et le <italic>Dictionnaire des arts et des sciences</italic> de Thomas Corneille. Corneille et les Académiciens ont certainement puisé ces définitions dans une source plus ancienne : on n’en a cependant pas retrouvé la trace.</p>
			<p>Une première analyse de ces différents titres nous montre que sur les douze composants du corpus de sources, Régis a choisi pas moins de sept textes écrits par des personnes pouvant être considérées comme des « témoins directs », ayant personnellement visité les pays qu’ils décrivent. À cela s’ajoute des travaux réalisés par des botanistes qui, bien que n’ayant pas eux-mêmes mis les pieds au Brésil, sont reconnus par la communauté scientifique européenne d’alors. Quatre des douze ouvrages du corpus utilisé par Régis sont rédigés en latin, tandis que sept sont en français (la langue des élites européennes) et un en anglais. Cette répartition n’est pas étonnante : Régis est Français et utilise sans problème sa langue maternelle qui est aussi la langue des membres de la République des Lettres. Il est aussi très certainement à l’aise avec le latin qui est une langue essentielle dans le cursus universitaire des médecins européens et qui n’a pas encore été détrônée en tant que langue du savoir et en particulier du savoir botanique. On ne sait pas s’il connait aussi l’anglais, mais comme Basnage de Beauval n’est pas très à l’aise avec cette langue (<xref ref-type="bibr" rid="B13">Graveleau 2018</xref>), on peut supposer que c’est bien lui qui traduit en français certaines informations présentes dans le <italic>Theater of Plants</italic> de <xref ref-type="bibr" rid="B23">Parkinson (Parkinson 1640</xref>).</p>
			<p>La question est maintenant de savoir pourquoi Régis utilise ces douze ouvrages en particulier, sachant qu’il existe à l’époque des dizaines d’autres relations de voyage ou manuels de botanique. Il est fort probable que les écrits respectifs d’André Thévet, Jean de Léry et Caspard Bauhin aient été choisis pour leurs renommées particulièrement importantes dès leurs publications et encore à la fin du XVII<sup>e</sup> siècle, lorsque Régis s’intéresse aux arbres brésiliens. La nationalité de Régis conforte cette hypothèse, les Français connaissant tout particulièrement Thévet et de Léry pour avoir témoigné d’une page de l’histoire récente de la France et de son rôle dans la découverte du Nouveau Monde par les Européens. En effet, André Thévet est un moine cordelier qui participe à l’expédition du vice-amiral de Bretagne Villegagnon dans la baie de Guanabara au Brésil, expédition qui aboutit à une implantation française éphémère sur ce continent connu sous le nom de « France Antarctique » (1555-1560)<xref ref-type="fn" rid="fn13"><sup>13</sup></xref>. Jean de Léry est quant à lui un pasteur réformé d’origine française installé à Genève lorsque Jean Calvin l’envoie, avec d’autres missionnaires protestants, soutenir l’expédition de Villegagnon et son projet de création d’une colonie accueillante pour les huguenots (<xref ref-type="bibr" rid="B20">LESTRINGANT, HOLTZ, ET LABORIE 2019</xref>). Vingt ans après son retour en France, il publie son <italic>Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil</italic> (1578)<italic>.</italic> Cet ouvrage connait un grand succès puisqu’il est réédité et augmenté pas moins de cinq fois avant la mort de son auteur en 1613<xref ref-type="fn" rid="fn14"><sup>14</sup></xref>. Quant au livre de Caspar Bauhin, il est considéré comme une référence incontournable pour les scientifiques du XVII<sup>e</sup> et du début du XVIII<sup>e</sup> siècle. Aussi, ne pas le prendre en considération aurait été une erreur de la part de Régis. En effet, dans son <italic>Pinax theatri botanici</italic> (1623), Bauhin est le premier à lister les différents noms et synonymes donnés ultérieurement à chaque plante, puis à n’en sélectionner qu’un seul qui doit désormais être adopté par l’ensemble de la communauté savante. Les scientifiques comme Régis sont conscients du tournant que cet effort représente, puisqu’il permet à la botanique de gagner en clarté et de faire un nouveau pas vers l’invention de la classification générale des plantes qui a lieu au cours du XVII<sup>e</sup> siècle (<xref ref-type="bibr" rid="B9">Dayrat 2019</xref>).</p>
			<p>S’agissant des autres textes du corpus, Régis a pu y accéder par l’intermédiaire des réseaux scientifiques avec lesquels Henri Basnage de Beauval et lui sont en contact. Les écrits produits par des personnes au service de la Compagnie des Indes néerlandaises, à savoir Johannes Laet, George Marcgravius et Willem Piso<xref ref-type="fn" rid="fn15"><sup>15</sup></xref>, sont probablement connus de certains amis ou correspondants des réviseurs du Furetière. Si l’on ne dispose malheureusement pas d’informations suffisantes pour connaitre les relations de Régis, on sait en revanche que Basnage de Beauval a pour proche ami le médecin et botaniste Theodore Jansson d’Almeloveen (1657-1712) qui a participé avec d’autres à la rédaction, sous la direction du commandant du Malabar et donc de la Compagnie des Indes orientales néerlandaise, d’un ouvrage célèbre sur la faune asiatique intitulé l’<italic>Hortus malabaricus</italic> (1678-1693)<xref ref-type="fn" rid="fn16"><sup>16</sup></xref>. De par cette expérience, Almeloveen a pu accéder aux ouvrages respectifs de Laet, Marcgravius et Piso dans les fonds de la Compagnie et les communiquer à son ami Basnage. La même hypothèse peut être répétée pour les ouvrages des anglais John Parkinson et John Ray. En effet, Basnage de Beauval correspond avec plusieurs Anglais, parmi lesquels des scientifiques souvent membres de la Royal Society <xref ref-type="fn" rid="fn17"><sup>17</sup></xref> comme Hans Sloane, Basnage étant lui-même membre étranger de la société à partir de 1697. Il a également pu profiter des fonds particuliers de son imprimeur hollandais Reinier Leers : dans un des catalogues de sa bibliothèque daté de 1691, l’<italic>Historia plantarum</italic> de Ray est citée<xref ref-type="fn" rid="fn18"><sup>18</sup></xref>. Basnage la mentionne d’ailleurs dans son périodique intitulé l’<italic>Histoire des ouvrages des savans,</italic> dans le numéro de mai 1692 dans lequel il intègre un extrait de lettre y faisant référence. Reinier et son frère Arnould Leers sont aussi les imprimeurs successifs de l’<italic>Histoire naturelle et morale des Iles Antilles de l’Amerique</italic> de Charles de Rochefort<xref ref-type="fn" rid="fn19"><sup>19</sup></xref>. Quant au récit de voyage de Simon de la Loubère, il est lui aussi imprimé en Hollande, et a donc facilement pu atterrir entre les mains de Basnage par l’intermédiaire de Leers ou d’autres imprimeurs hollandais avec qui Basnage entretient des relations amicales<xref ref-type="fn" rid="fn20"><sup>20</sup></xref>.</p>
			<p>Une étude approfondie des liens entre chacune des sources utilisées par Régis pour définir les arbres brésiliens permet cependant de faire une seconde hypothèse quant à sa façon de choisir tel ou tel texte. En travaillant sur l’<italic>Histoire du Nouveau Monde…</italic> du Néerlandais Laet, Régis a pu croiser des références à d’autres ouvrages parlant de la faune brésilienne, et décider de les étudier à leur tour pour compléter ses définitions. Ainsi, Laet cite André Thévet, Jean de Léry ou encore Charles de l’Ecluse dans plusieurs descriptions d’arbres brésiliens<xref ref-type="fn" rid="fn21"><sup>21</sup></xref>. L’histoire de ces différents ouvrages confirment d’ailleurs l’étroitesse de leurs liens : Laet, ayant travaillé pour la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales mais n’étant jamais parti en voyage, est celui qui, en 1638, recommande Marcgravius comme assistant à l’expédition scientifique de découverte des côtes du Brésil dirigée par le médecin Piso et orchestrée par la Compagnie (<xref ref-type="bibr" rid="B30">Stokvis 1883</xref>). Cette technique d’utiliser les références d’un seul ouvrage pour « remonter » dans la bibliographie de la flore brésilienne est encore plus envisageable lorsque l’on étudie les liens entre l’ouvrage de John Ray, un des plus récents du corpus et le seul dont on ait retrouvé explicitement une trace dans l’<italic>Histoire des ouvrages des savans</italic> de Basnage de Beauval, et le reste du corpus. Dans ses descriptions de plantes du Brésil, Ray cite Marcgravius et Piso (distinctement ou ensemble), Bauhin, Parkinson, Laet, Rochefort et Bontius. De même, la référence au texte du pasteur Rochefort par Ray peut facilement mener à l’ouvrage de son adversaire Jean-Baptiste Dutertre<xref ref-type="fn" rid="fn22"><sup>22</sup></xref>. À part l’ouvrage de Simon de la Loubère sur l’Asie qui n’est cité qu’une seule fois par Régis dans les entrées d’arbres brésiliens, toutes les autres sources qu’il utilise ont donc pu être trouvées à partir du seul ouvrage de John Ray. </p>
			<p>Régis s’appuie surtout sur <italic>L’Histoire du Nouveau Monde</italic> de Johannes de Laet dont on trouve la trace dans pas moins de 21 entrées sur la trentaine correspondants aux arbres du Brésil. Ensuite, dans une moindre mesure, il se sert des écrits de John Ray (7 fois sur 31), de Jean de Léry (5 à 6 fois), de Marcgravius (4 fois) puis de Thévet (3 fois). Toutes les autres sources ne sont utilisées que deux à une seule fois. Ses deux principales, Laet et Ray, sont celles qui, nous l’avons vu, ont probablement permis à Régis de « remonter » vers d’autres textes afin de tendre vers une certaine exhaustivité. Concrètement, on observe plusieurs méthodes chez Régis lorsqu’il s’agit de « composer » ses définitions. À part pour « Acacia » dont nous parlons davantage par la suite, toutes les autres entrées d’arbres brésiliens dont Régis a la charge en 1701 sont des créations <italic>ex nihilo</italic>. Un peu plus de la moitié d’entre elles sont rédigées à partir d’une seule source, avec cependant des reformulations et parfois une tendance à broder. Une entrée est uniquement inspirée du texte de Rochefort<xref ref-type="fn" rid="fn23"><sup>23</sup></xref>, tandis que quinze sont entièrement tirées du texte de Laet, et en sont souvent des versions abrégées et reformulées<xref ref-type="fn" rid="fn24"><sup>24</sup></xref>. Pour donner un exemple, chez Laet, l’arbre appelé « Ajabutipita » est défini ainsi : </p>
			<disp-quote>
				<p>L’Aiabutipita est un arbrisseau haut de cinq ou six palmes, il porte un fruict semblable aux amendes, mais il est noir, duquel se tire une huile de mesme couleur, dont les Sauvages oignent d'ordinaire les membres de ceux qui sont debiles. (<xref ref-type="bibr" rid="B17">LAET 1640</xref>)</p>
			</disp-quote>
			<p>Dans la version de Régis, on trouve: </p>
			<disp-quote>
				<p>« AIABUTIPITA.s.m. Arbrisseau du Bresil. Il porte un fruit noir, &amp; pareil aux amendes, dont les Sauvages tirent une huile pour fortifier les membres affoiblis » ainsi que « AJUBATIPITA.s. m. Arbrisseau du Bresil, de la hauteur de cinq ou six palmes. Il porte un fruit noir semblable aux amandes, dont on tire une huile de même couleur. Les Sauvages se servent de cette huile, pour frotter les membres de ceux, à qui quelque mal a ôté les forces. »<xref ref-type="fn" rid="fn25"><sup>25</sup></xref>
				</p>
			</disp-quote>
			<p>Régis donne donc une variante orthographique à cet arbre en lui consacrant deux entrées distinctes avec des définitions similaires, et reprend les principales idées développées par Laet mais en les reformulant (il ne reprend pas ses phrases mots pour mots). Régis supprime cependant le mot « débiles » qui semble ne pas lui convenir, et le remplace par des expressions équivalentes. Sept entrées sont quant à elles construites à partir de deux sources distinctes<xref ref-type="fn" rid="fn26"><sup>26</sup></xref> parfois, utilisées de manière équitable, à l’instar de l’« Acajou » dont la première partie de la définition est copiée sur Dutertre tandis que la seconde provient du dictionnaire de l’Académie française ou de celui de Corneille. Plus fréquemment, Régis utilise une source principale et y ajoute seulement une expression, une petite information ou un nom latin tirée d’un deuxième texte. Pour la définition de « Ombu », par exemple, il puise le corps de sa description dans le texte latin de Piso et y ajoute le nom que lui donne John Ray. Pour « Jacapucaya », il reprend largement les descriptions de Marcgravius mais y ajoute le fait que le fruit de cet arbre a un goût de pistache, indication qui est absente chez Marcgravius mais que l’on peut trouver chez Ray. Enfin, cinq entrées (dont deux, Janipaba et Junipa, sont synonymes) ont nécessité l’utilisation d’au moins trois sources différentes. Pour « Hivourae », par exemple, une partie de la définition est puisée chez Thévet et une autre chez Laet, tandis que Régis cite le nom latin que Caspar Bauhin donne à cette plante. La méthode de Régis est particulièrement bien illustrée par l’entrée « Papaya » : alors qu’il cite Dutertre en début de définition, le corps du texte est largement emprunté à Rochefort, tandis qu’une idée supplémentaire provient de John Ray. Enfin, la dernière ligne permet à Régis de donner les variantes du nom de cet arbre selon Marcgravius, Clusius, Bontius et de la Loubère. </p>
			<p>Pourquoi Régis se complique-t-il ainsi la tâche et ne se contente-t-il pas de travailler à partir d’une seule source ? Même en utilisant plusieurs sources, n’aurait-il pas pu n’en mobiliser qu’une seule pour chaque entrée, quitte à changer de source d’un arbre à l’autre ? La méthode de Régis peut s’expliquer par un intérêt personnel pour la botanique, le médecin se plaisant à découvrir et comparer les points de vue de divers auteurs sur une même plante. Cette hypothèse est d’autant plus probable qu’elle expliquerait également pourquoi un dictionnaire français comme celui-ci, censé ne définir que les mots en usage dans la langue courante, se met soudainement à définir des arbres brésiliens dont la grande majorité des francophones n’ont jamais entendu parler. </p>
		</sec>
		<sec>
			<title>Les méthodes respectivement utilisées par Basnage et Régis </title>
			<p>Basnage de Beauval est sollicité par l’éditeur Leers en 1695 afin de faire une version révisée du <italic>Dictionnaire universel</italic>. Pour Leers, il s’agit d’un travail urgent car il souhaite garder le marché obtenu en 1690 et proposer un dictionnaire concurrent à celui de l’Académie française sorti en 1694. Basnage est contraint de réviser le dictionnaire page par page, les travaux terminés partant directement aux imprimeurs. Il semble qu’il utilise surtout un système de copier-coller avec l’ajout de phrases au début ou à la fin des entrées. Les nouvelles entrées qu’il propose concernent surtout la langue générale, mais dans le cas des termes de la marine par exemple, Basnage recopie directement et quasiment mot à mot son dictionnaire source, souvent l’œuvre de (<xref ref-type="bibr" rid="B10">DESROCHES 1687</xref>). </p>
			<p>Des arbres brésiliens définis dans la révision de 1701, seulement trois existent déjà dans le Furetière de 1690, dont deux sans mention explicite du Brésil. Parmi ces trois arbres, c’est seulement le plus fameux, le ‘<italic>Bresil’</italic>, qui voit sa définition quasiment reprise mot pour mot entre 1690 et 1701. Comme cela a déjà été expliqué au sujet des essences fruitières il semble que, pressé par le temps, la méthode de Basnage est de simplement ajouter des informations, ou d’apporter quelques corrections dans les entrées de Furetière. C’est donc probablement lui qui s’occupe de l’entrée ‘<italic>Bresil’</italic> en 1701 ; il recopie le travail de son prédécesseur, se contentant d’ajouter une variante orthographique du nom du pays d’où provient cet arbre, variante qu’il emprunte à deux grammairiens français :</p>
			<disp-quote>
				<p>« ou du Brasil qui selon le P. Bouhours &amp; l'Auteur des Reflexions, se dit plus communement en parlant du païs. »<xref ref-type="fn" rid="fn27"><sup>27</sup></xref>
				</p>
			</disp-quote>
			<p>Alors que Basnage est pressé par le temps, Régis peut davantage préparer son travail, ce qui explique la refonte totale des articles qui lui sont attribués, comme nous pouvons le constater avec les entrées ‘<italic>Acacia’</italic> et ‘<italic>Casse’</italic> dont il laisse de côté les versions originales de 1690, ainsi que pour les arbres fruitiers décrits dans (Williams forthcoming). L’analyse de sa construction de l’entrée ‘<italic>Acacia’</italic> (voir l’appendice pour l’article complet) nous donne un premier aperçu de sa méthode. L’arbre est traité par Furetière en deux entrées distinctes ; l’arbre lui-même, décrit comme un arbre de haute futaie, et l’<italic>Acacia vera</italic>, son extraction utilisée à l’époque par les apothicaires. Furetière décrit ce dernier comme ‘terme de pharmacie’. Dans le Basnage, l’<italic>Acacia</italic> est traité dans une seule longue entrée consistant en trois sens ainsi qu’une sous-entrée indiquant que l’acacia est aussi une sorte de rouleau visible sur certaines médailles antiques. L’entrée est totalement réécrite avec l’arbre noté comme étant un terme de botanique. Le plus surprenant dans cette entrée se trouve dans les éléments restants par rapport à 1690, qui prouve que le rédacteur a commencé à partir de la trame de Furetière avant d’ajouter des considérations sur la nature botanique de l’espèce et l’étendue géographique des variétés. C’est ainsi que nous apprenons qu’une variété existe au Brésil. Là où Furetière a surtout décrit le médicament extrait de l’écorce avec des informations glanées auprès des apothicaires, l’entrée proposée par Régis est nettement plus scientifique, partant de l’arbre avant de décrire son emploi en pharmacie.</p>
			<p>En analysant des entrées d’arbres fruitiers, un modèle plus ou moins suivi se dégage. Si nous acceptons que ces entrées soient l’œuvre du Dr Régis, on peut s’attendre à trouver le même modèle pour les arbres brésiliens, modèle qui se résume ainsi :</p>
			<p>
				<list list-type="bullet">
					<list-item>
						<p>orthographe et informations grammaticales</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>formule introductive- Arbre qui […]</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>description des variétés</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>description du bois, si le bois a de la valeur ou une particularité</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>description des feuilles</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>description des fleurs</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>description de la forme du fruit </p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>Latin botanique</p>
					</list-item>
					<list-item>
						<p>utilisation médicale</p>
					</list-item>
				</list>
			</p>
			<p>Cependant, il y a forcément des différences entre les arbres fruitiers en général et les arbres brésiliens, puisque ces derniers ne sont pas des arbres cultivés et que le fruit n’est pas nécessairement le point le plus important dans leurs définitions. </p>
			<p>Tout d’abord, on observe que ces définitions sont de longueurs variables dont certaines très succinctes. Par exemple, celle d’‘<italic>Aiabutipita</italic>’ consiste en une seule phrase portant sur son fruit et son emploi en tant qu’huile aux propriétés médicales, tandis que d’autres définitions comme celle de ‘<italic>l’Acajou</italic>’ sont assez détaillées et avec des notions historiques et géographiques, comme pour ‘<italic>l’Acacia</italic>’. Certaines définitions comme celle du ‘<italic>Cupayaba</italic>’ bénéficient d’une description bien organisée terminologiquement, tandis que d’autres sont nettement moins bien structurées. Les formules introductives sont quasiment systématiques : des 31 plantes traitées ici, trois sont notées comme étant des arbrisseaux, les autres comme des <italic>Arbres du Bresil</italic>, avec comme variant un commentaire sur leur tailles - <italic>Arbre fort haut du Bresil</italic>, <italic>Grand arbre qui croit au Bresil.</italic> Il ne faut en outre pas oublier qu’à la différence des arbres fruitiers, Régis n’a jamais observé ces arbres dans leur environnement, mais aurait pu, au mieux, les voir en dessins. Par conséquent, concernant leur taille (mais aussi parfois la dureté de leurs bois), il fait constamment appel à des comparaisons avec le connu, à savoir les arbres européens. De cette manière, il essaye de combler le manque de repères des lecteurs. À titre d’exemple, on peut citer plusieurs de ces comparaisons : « Il est de la hauteur du poirier » (<italic>Ahouai</italic>), « de la grandeur d'un oranger » (<italic>Araticupana</italic>), ou « Il ressemble aux chênes en grandeur » (<italic>Ibirapitanga</italic>). Le <italic>Janipaba</italic> est décrit comme étant « <italic>un des plus grands du Bresil, &amp; qui ressemble au hêtre</italic> ». Néanmoins, une description de la hauteur de l’arbre est loin d’être systématique et elle dépend des informations qui se trouvent dans les sources primaires. </p>
			<p>La description des différentes parties des arbres est très variable. Tandis que le fruit est décrit pour quatorze espèces, les fleurs ne le sont que pour cinq, les feuilles pour dix et les racines seulement une fois. Dans ces descriptions des différentes composantes de l’arbre, ce qui importe le plus, c’est l’utilisation qui peut en être faite. Ainsi, lorsque la valeur d’un bois est particulièrement intéressante, le <italic>dictionnaire universel</italic> en fait mention. Le bois est décrit dans seulement six entrées de notre corpus sur les arbres brésiliens. Parmi eux, le bois d’œuvre le plus important est le <italic>Gabueriba</italic>, avec son bois qui « est compté entre les plus excellens pour sa dureté &amp; sa pesanteur, &amp; pour l’usage qu’il a en charpenterie. ». Régis tire cette information particulièrement intéressante pour les Européens colonisateurs de Laet. Ce même arbre est appelé <italic>Caburciba</italic> (<italic>Myroxylon balsamum</italic>) ou Baumier du Pérou dans le <italic>Dictionnaire classique d’histoire naturelle</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B1">Audouin 1825</xref>) : dans ce dictionnaire, c’est l’aspect plus que la valeur de ce bois qui est décrit ainsi que son emploi médicinal. L’<italic>Acajou</italic>, référencié comme « arbre de l’Amerique », est lui aussi présenté comme un arbre de référence pour la qualité de son bois « … rouge, leger ; il dure long temps : le ver ne s’y attache jamais. ». </p>
			<p>Mais le bois brésilien ne sert pas qu’à l’ébénisterie. L’<italic>Anda</italic>, « dont le bois est utile à plusieurs choses », est ainsi principalement mentionné pour sa capacité, une fois trempé dans de l’eau, à endormir les poissons qui y sont plongés. Cette information sert davantage la curiosité des Européens que leur volonté de trouver de nouveaux débouchés. Elle est puisée dans Marcgravius qui décrit ce bois comme suit :</p>
			<disp-quote>
				<p>Anda Brasiliensibus : Arbor vasta atque elegans, cujus folia &amp; flores ex Icone cognosci possunt; florum autem color insigniter est luteus. Lignum illius plurimi est usus. Barbari autem cortice illius utuntut ad capiendos pisces ; aqua enim in qua maceratus fuerit omnes animantes soporantur. Fructum fert rotundum, cortice viridi instar juglandis tectum, qui in se nucem continet magnitudine pomi, une extremitate acuminatum &amp; uno latere fissuram habentem, dura testa, qua concussa, intus duae castaneae continentur, dulces &amp; boni saporis. Hae duae commestae purgant bilem &amp; pituitam absque ulla molestia, omnique aetati &amp; sexui, imo &amp; praegnantibus conveniunt. Possunt quoque ex iis, cum saccharo pauxillo, femine anysi &amp; cinamomo tabellae fieri, quae sunt gratissimum medicamentum iis, qui abhorrent à purgantibus. Dosis autem duae castaneae. (Annotatio. Descripsi hanc eandem arborem in Americae Descriptione lib. XV, cap. VIII (..)Lusitano...) (<xref ref-type="bibr" rid="B21">MARCGRAVIUS, 1648</xref>: 110)</p>
			</disp-quote>
			<p>Quant à <italic>l’Ayri</italic>, l’utilité de son bois est expliquée ainsi :</p>
			<disp-quote>
				<p>Arbre du Bresil Son tronc est armé d'épines aigues : on le prend pour de l'ébene. Son bois est noir, dur, &amp; si pesant qu'il ne flotte point sur l'eau. Les Sauvages en garnissent le bout de leurs fleches.</p>
			</disp-quote>
			<p>L’<italic>Anda</italic> et l’<italic>Ayri</italic> sont donc présentés comme particulièrement utiles pour les Indigènes dans le cadre de la chasse et de la pêche, et non pour les Européens. L’autre arbre emblématique du Brésil est l’<italic>Ibirapitanga</italic>, plus connu sous le nom de bois brésil, utilisé principalement comme teinture chez les Indigènes mais aussi dans l’industrie textile européenne. Cet arbre bénéficie de deux entrées ; une première fois en tant que <italic>Bresil</italic>, comme dans le Furetière, et une seconde fois, uniquement dans la Basnage, sous son nom Tupi. Il semble que Régis ait trouvé ce nom dans l’ouvrage de De Laet ou il est noté que :</p>
			<disp-quote>
				<p>il est appelé des Sauvages Araboutan ou (comme escrit Thevet) Oraboutan, mais mieux Ibirapitanga, il est semblable en grandeur &amp; abondance de branches au chesne de notre païs, parfois si gros, qu'à peine trois hommes le peuvent-ils embrasser : ses feuilles sont fort semblables à celles du buis : il ne porte nul fruict : le dehors de son escorce est de couleur grise, son bois au dedans est fort dur &amp; rouge, nullement humide, mais d’une nature seiche, de sorte qu’estant allumé il rend fort peu de fumée : il teint si fort, que mesme les cendres d’icelui ayant esté mises sans le sçavoir parmi la lexiue, teignirent, selon que raconte de Lery, leurs chemises d'un rouge si ferme, que combien qu'elles fussent par apres lauces plusieurs fois, elles ne perdirent point cette couleur. (p. 497)</p>
			</disp-quote>
			<p>Régis a certainement aussi utilisé Marcgravius qui, quant à lui, appelle également cet arbre par son non portugais, qui est <italic>Pau Brasil</italic>: </p>
			<disp-quote>
				<p>Ibirapitanga Brasiliensibus, Lusitanis <bold>Pao Brasil</bold>: Arbor satis alta, cortice fusco, brevibus spinis armato : ramis alternatim oppisitis, in quibus &amp; ramuli itidem oppositi, uti &amp; folia ad eundem modum; inaequalia nimirum paria in quolibet ramulo ; circiter digitum longa, figura Buxi foliis similia, crassiuscula, saturate iridia, splendentia, sine petiolis ramulis innitentia &amp; quidem non extremitate quae medio folii respondet, sed versus alterutrum latus. Hinc inde etiam in ramis prodeunt ramuli, sesquidigitum &amp; amplius longi, multis floribus quasi in unum congestis onusti, pediculis semidigitum longis insistentes, quinque foliolis constantes, quatuor vulgariter cavis &amp; quinto repando, quod rubrum &amp; in extremitate sua flavum, reliqua flava, duo repanda proxima ungues habent rubros ; in medio staminula flavo-pallida, apicibus flavescentibus. Odoris ejusdem, at fragrantioris, cujus Lilium convallium. Sequuntur flore filiquae, oblongae, duorum circiter digitorum, plane compressae, exterius acule(?)tae, obscrure fuscae, nihil in se continentes. Floret Decembri. Circa Alagoa &amp; alibi freques. (Annotatio. Fr. Ximenes. Planta quam vocant Cuhuraquam, Mexicani (...)). (<xref ref-type="bibr" rid="B21">Marcgravius 1648</xref>: 101-102)</p>
			</disp-quote>
			<p>De nos jours, cet arbre, appelé <italic>Pernambouc</italic> (<italic>Caesalpinia echinata</italic>) est très important dans la fabrication des archets de violon, mais cette utilisation n’a pas encore été découverte à l’époque qui nous intéresse. </p>
			<p>Régis décrit plus souvent l’écorce, les feuilles et les fruits des arbres brésiliens du fait des possibilités d’exploitation qu’elles représentent. L’écorce de <italic>Curupicaiba</italic>, tout comme le bois de l’<italic>Anda</italic> ou de l’<italic>Ayri</italic>, s’avère être une arme précieuse pour les chasseurs indigènes qui en font de la glu pour attraper les oiseaux. Les noix du <italic>Ahouai</italic> et du <italic>Choine</italic> sont quant à elles transformées en instruments de musique par les Natifs (sonnettes et maracas), tandis que l’écorce du <italic>Jequitinguacu</italic> est utilisé comme savon. La production des arbres brésiliens a aussi une nature et une valeur alimentaire et gustative. Certaines définitions indiquent en effet que des fruits sont « bon à manger » (<italic>Janibapa</italic>) ou produisent une liqueur de jus sucrée (<italic>Pequea</italic>). </p>
			<p>Néanmoins, le principal emploi de ces fruits est, chez les autochtones, médicinal. En effet, les propriétés médicales des feuilles, fruits et écorce de ces arbres sont particulièrement intéressantes aux yeux de Régis puisqu’il en parle dans 13 définitions sur 31. À la différence des termes de médecine et de pharmacie contenus dans le <italic>Dictionnaire universel</italic> et qui relèvent des connaissances européennes, l’utilisation médicale des arbres brésiliens est celle transmise par les natifs américains. Régis se contente donc de commenter ce qu’il lit, sans dire ouvertement si ces utilisations médicales définies par les Indiens sont efficaces ou non, car il n’a pas accès à d’éventuelles observations scientifiques qui auraient pu être menées par des médecins européens pour valider ou invalider la médecine indigène. Parmi les médicaments souvent utilisés par les autochtones, Régis fait référence à la gomme arabique fournie par certaines variétés d’<italic>Acacia</italic> et d’A<italic>cajou.</italic> Il décrit les propriétés médicales de cette substance dans une sous-entrée dédiée : </p>
			<disp-quote>
				<p>Gomme Arabique, […] Cette gomme est claire, gluante à la bouche, d’un goût presque insipide, de couleur blanche, entortillée en forme de ver. Elle est propre pour incrasser, pour boucher les pores, pour émousser la pointe &amp; l’acrimonie des medicamens trop violens, &amp; pour adoucir l’âprété de la trachée, &amp; la toux.</p>
			</disp-quote>
			<p>Le traitement des fièvres est particulièrement récurrent dans notre corpus, celles-ci pouvant être guéries avec le fruit du <italic>Jabuticaba</italic> ou l’emploi de la racine de <italic>l’Ombu</italic> d’un « gout fort agréable, propre pour les febricitans », informatique que Régis a pu reprendre à la fois chez Piso ou Ray (<xref ref-type="bibr" rid="B21">Marcgravius et Piso 1648</xref>) (Ray 1688). Les écrits de ces derniers sont d’ailleurs certainement les principales sources de Régis concernant le traitement des maladies tropicales. Parmi ces dernières, la dysenterie, particulièrement dévastatrice, qui peut être traitée avec les graines contenues dans le fruit du <italic>Igbucami</italic>. Le <italic>Janibapa</italic> fournit également un traitement puisque :</p>
			<disp-quote>
				<p>Son fruit est plus gros qu'une orange, rond, couvert d’une écorce tendre &amp; cendrée; sa chair est solide, jaunâtre, visqueuse, remplie de suc aigre, d’une odeur agreable ; on trouve au milieu de ce fruit une cavité remplie de semences entourées d’une pulpe molle ; il devient mou en meurissant comme la nefle, &amp; alors il est bon à manger ; il est estimé astringent, &amp; propre contre les cours de ventre, il appaise les ardeurs de la bouche &amp; de l'estomac.</p>
			</disp-quote>
			<p>L’entrée pour <italic>Janipaba</italic> est longue, Régis bénéficiant d’une description détaillée en latin tirée de Marcgravius et de Piso. Il puise dans les deux textes et notamment dans Piso pour ce qui est des bénéfices du fruit de cet arbre pour les maux de ventre :</p>
			<disp-quote>
				<p>De Ianipaba (…) Contra fluxum ventris feliciter exhibentur. (<xref ref-type="bibr" rid="B21">Marcgravius et Piso 1648</xref>)</p>
			</disp-quote>
			<p>Pour proposer des remèdes à ces maladies, Régis a aussi recours aux mémoires de l’expédition au Brésil de Marcgravius, Laet et Piso, mais également au texte de Bontius, un autre auteur lourdement emprunté par Piso. Les huiles et baumes sont mentionnés dans plusieurs entrées comme <italic>Aiabutipita</italic> et <italic>Ajubatipita</italic> (qui sont probablement des variations graphiques) que Régis reprend à Laet. Ces arbres produisent des huiles fortifiantes dont les sauvages se servent « pour frotter les membres de ceux, à qui quelque mal a ôté les forces ». Le baume tiré du <italic>Gabueriba</italic>, quant à lui, « guerit les playes ». La définition de cette plante, reproduite en partie ci-dessous, nous apporte un autre questionnement : </p>
			<disp-quote>
				<p>Les Portugais l’estiment beaucoup, &amp; ils appellent baume, une liqueur qu’il rend &amp; qui decoule peu-à-peu dans du coton qu'on y met après qu’on a legerement entamé l’écorce. Ce baume approche du vrai &amp; guerit les playes nouvelles.</p>
			</disp-quote>
			<p>Cet extrait est un indice qui nous montre que, si nous avons trouvé des traces concrètes des ouvrages anglais, français et néerlandais qui étaient très probablement dans la bibliothèque privée de Régis ainsi que les liens entre ces différentes sources, le médecin amstellodamois a aussi pu utiliser au moins une source portugaise. L’entrée attribuée au <italic>Pequea</italic> renforce cette hypothèse car elle indique que cet arbre est aussi connu sous la désignation portugaise de <italic>Setim</italic>: </p>
			<disp-quote>
				<p>Arbre des Iles Antilles, auquel les Portugais ont donné ce nom à cause que son fruit qu’ils appellent maman, ressemble en quelque sorte aux mamelles. On l’appelle autrement papaya ou papayer.</p>
			</disp-quote>
			<p>Cette hypothèse nous permet d’interroger les relations entre le Dictionnaire universel de Basnage de Beauval et un dictionnaire portugais important, le <italic>Vocabulario</italic> de Bluteau<italic>.</italic></p>
		</sec>
		<sec>
			<title>Le Brésil de Bluteau : des liens avec le Basnage ?</title>
			<p>Très influencé par le dictionnaire de Furetière lors de son séjour en France, le Père Bluteau construit un dictionnaire sur le même modèle, qui est en réalité l’autre grand dictionnaire encyclopédique du début du XVIII<sup>ème</sup> siècle (Bluteau 1712). Dans sa préface, Bluteau liste les dictionnaires consultés dont la version de 1709 du <italic>Dictionnaire universel</italic>, qui est en réalité celle de 1708 à nouveau compilée par Basnage de Beauval (puisqu’à moins d’avoir une version plagiée, il n’y avait pas d’édition supplémentaire du <italic>Dictionnaire universel</italic>). Il semble cependant que Bluteau ait davantage eu recours à la version de 1690 (<xref ref-type="bibr" rid="B29">Silvestre 2008</xref>). Il est donc intéressant de voir comment Bluteau traite les arbres du Brésil décrits dans les <italic>Dictionnaire universel</italic> de 1690 et 1701, le 1708 étant simplement un début de mise à jour par Basnage, projet arrêté par son décès en 1710.</p>
			<p>Commençons par l’arbre de référence, le <italic>Pâo Brasil</italic>, littéralement l’arbre du Brésil. Cette entrée est copiée par Basnage directement de Furetière, sans avoir recours aux connaissances de Régis. Il ajoute simplement des précisions sur l’orthographe du nom du pays, ‘Bresil’ au lieu de ‘Brasil’, une intervention qui typifie la méthode de Basnage pour les mots qui ne l’intéressent pas trop. Il est probable qu’il ne sait pas que ‘<italic>Brasil’</italic> et <italic>Ibirapitanga</italic> désignent la même plante. L’entrée pour <italic>Ibirapitanga</italic> est courte et Régis le déclare synonyme de <italic>Pâo Brasil</italic> avec des informations clairement tirées de Laet, qui dit que :</p>
			<disp-quote>
				<p>il est appelé des Sauvages Araboutan ou (comme escrit Thevet) Oraboutan, mais mieux Ibirapitanga, il est semblable en grandeur &amp; abondance de branches au chesne de notre païs… </p>
			</disp-quote>
			<p>Il semble que pour le Brésil, Bluteau a bien lu Furetière qui décrit l’arbre comme « Bois rouge &amp; pesant, qui est fort sec », description assez semblable à la phrase « Pao vermelho, pesado, &amp; muito seco ». Plus loin, Bluteau ne fais qu’une référence vers l’entrée « <bold>ibirapitanga</bold>. Arvore. Vid. Pao Brasil ».</p>
			<p>À part les commentaires sur l’emploi de l’arbre <italic>Bresil</italic> par les teinturiers (voir <italic>Pâo</italic> en annexe), les descriptions des arbres chez Basnage et chez Bluteau sont très différentes et témoignent de la manière dont Régis a compilé ses descriptions à partir d’ouvrages botaniques d’auteurs n’ayant pas forcément mis les pieds au Brésil, tandis que Bluteau a eu un accès direct aux témoignages des missionnaires envoyés sur place.</p>
			<p>La plupart des dénominations utilisées dans le Basnage sont les mots indiens, les Portugais privilégiant quant à eux leurs propres termes. Ainsi, le mot <italic>Ibirapitanga,</italic> qui se trouve dans les textes en français, est en réalité un mot Tupi, la langue de la tribu des indiens Tupinambas décrite pas Thévet et de Léry. Ce mot est composé de <italic>ï'mbïra</italic> (fibreux) et <italic>pï'tanga</italic> (rouge), tandis que les Portugais préfèrent <italic>pau do brasil</italic>, littéralement bois du brésil. Le mot brésil étant, selon certaines sources citées par (<xref ref-type="bibr" rid="B15">Houaiss 2001</xref>) et notamment un décret royal de 1534, lié au substantif Portugais <italic>brasa</italic> (braise). Les définitions de <italic>pao Brasil</italic> et <italic>Ibirapitanga</italic> se ressemblent mais, pour ce dernier, Bluteau distingue deux arbres différents. Dans le dictionnaire de (<xref ref-type="bibr" rid="B15">Houaiss 2001</xref>), le mot Tupi a été appelé de plusieurs manières - <italic>arubatã /arabutan/arabutàn, orabutã/orabutan, araboten, ibirapiranga, ibirapitá, ibirapuitá, imbirapatanga, muirapiranga, murapiranga</italic> - pour désigner le <italic>caesalpinia echinata</italic>, maintenant <italic>Paubrasilia echinata</italic>. La désignation <italic>pau Brasil</italic> est générique et couvre, dans le brésilien actuel, trois arbres différents : <italic>ibirapitanga</italic> (<italic>caesalpinia echinata</italic>); <italic>sibipiruna</italic> (<italic>caesalpinia peltophoroides</italic>); et <italic>pau-alazão</italic> (<italic>eugenia multicostata</italic>). Il n’est pas inhabituel d’observer que les espèces décrites par des explorateurs sont assez difficiles à identifier.</p>
			<p><italic>L’araticupana</italic>, également un mot Tupi, est décrit par Régis comme « Arbre du Bresil de la grandeur d’un oranger. Il porte un fruit odorant, &amp; d'un goût agreable » et par Bluteau en tant que « He arvore, muy fresca de tres especies; cujos frutos tem feytio de pinha. O a que chamaõ Araticuape, he doce. O aque chamaõ Aratigoacu toca de agro doce, muy fresco para tempo de calma. A terceyra especie naõ se come. ». L’entrée est également source de confusion puisque Bluteau liste trois arbres de la famille des <italic>annonacceae</italic>: <italic>araticuape</italic> (fruits sucrées); <italic>aratigoacu</italic> (fruits doux-amer); et une troisième variété dont les fruits ne sont pas comestibles. </p>
			<p>Très développé par Régis, et encore davantage par Bluteau, le <italic>Copaiba</italic> est un autre mot emprunté au Tupi, et l’arbre que Régis décrit, détaillé pour ses qualités thérapeutiques, fournit un excellent exemple de la méthode de travail de Bluteau par l’importance de ses sources. Selon (<xref ref-type="bibr" rid="B15">Houaiss 2001</xref>), le nom botanique Copaifera fait référence à une famille qui comprend de nombreuses espèces, telles que la <italic>copaifera officinalis</italic>, la <italic>Copaifera martii</italic> (copaíba-jutaí) et la <italic>copaifera langsdorffi</italic> (copaíba-vermelha). Bluteau décrit longuement les usages de l’huile de copaïba, puisqu’il décide de retranscrire la recette qu’un de ses amis, qui l’a obtenue d’un médecin arabe, lui a transmise à Lisbonne. Le choix de cette recette se justifie par la qualité de ses résultats, l’indisponibilité initiale de sa transmission écrite, et un souci de bien-être collectif, malgré le fait que les dimensions du <italic>Vocabulario</italic> demandent de la concision. Bluteau indique également que les Indiens péruviens appellent le même arbre <italic>Chilio Marabito</italic>, et il propose une citation latine de P. Masseo sur les vertus de la copaïba. L’emploi de cette citation est assez étrange, car Masseo aurait été le traducteur du traité portugais de Christophe d’Acosta (<italic>De natura novi orbis</italic>), publié sous le titre <italic>História Natural e Moral das Índias</italic>. Cependant, cette citation nous approche davantage d’un autre ouvrage d'Acosta, la <italic>História Natural y Moral de las Índias</italic>, publié à Séville en 1590 et traduit en de nombreuses langues, dont le français en 1617. Néanmoins, aucune citation de ce genre ne peut y être trouvée, alors que dans l’ouvrage collectif <italic>Indiae Occidentalis historia</italic> dirigé par Ens («Ex variis avtoribvs collecta», 1612), on relève : <italic>in qva prima regionum istarum detectio, situs, incolarum mores, aliaque eò pertinentia breuiter explicantur</italic>. Basés entre autres sur Rodrigues (1934), Pieri, Mussi et Moreira (2009), mentionnent qu’en 1560, le jésuite portugais José de Anchieta écrit une lettre sur les vertus de l’huile de copaïba, mais Bluteau ne fait aucune référence à cet auteur. Quant à la traduction française de l’ouvrage d’Acosta en 1617, elle est citée explicitement par Régis dans d’autres circonstances (entrées sans rapport avec la flore brésilienne), et il est donc possible qu’il s’agisse là d’une autre source utilisée pour la révision du <italic>Dictionnaire universel</italic> de Basnage.</p>
			<p>Un rapprochement avec des sources utilisées par Régis est possible grâce à l’arbre <italic>Mamoera</italic>. Bluteau liste deux entrées pour ce même arbre : <italic>mamoeira</italic> et <italic>mamamoeira</italic>. Cette fois-ci, c’est le nom portugais de l’arbre, basé sur la similitude présumée entre ses fruits et les seins des femmes qui est employé. Le nom Tupi de cet arbre est papay / papai, que Houaiss suggère être un emprunt castillan (d’origine caribéenne ou arauaque), et qui est la désignation préférée par Régis. En effet, il utilise la forme <italic>Papaya</italic>, et semble avoir puisé les informations nécessaires à sa définition chez de Laet, bien que ce dernier n’utilise que le mot Portugais<xref ref-type="fn" rid="fn28"><sup>28</sup></xref>. Bluteau cite quant à lui deux sources. La première est l’<italic>Historia rerum naturalium brasiliae</italic> de 1648 de George Marcgravius, la seconde est le dictionnaire de Corneille. Ces ouvrages, qui sont aussi des sources utilisées par Régis lorsqu’il écrit ses entrées sur les arbres brésiliens, nous indiquent que même si le dictionnaire de Basnage n’est pas directement cité par Bluteau, il l’a bien utilisé comme ouvrage de référence.</p>
			<p>Un dernier exemple d’une influence possible du <italic>Dictionnaire universel</italic> de Basnage se trouve avec le <italic>Pequea</italic>, nom tupi d’un arbre qui, selon (<xref ref-type="bibr" rid="B15">Houaiss 2001</xref>), peut aussi être nommé <italic>pequi</italic> et <italic>piquiá</italic>. Bluteau renvoie cet arbre sous une entrée différente, <italic>setim</italic>, qui se réfère principalement à un tissu, le satin. Régis note simplement que « Les Portugais l’appellent setim », information certainement glanée chez de Laet<xref ref-type="fn" rid="fn29"><sup>29</sup></xref>. Enfin, Bluteau cite l’ouvrage de Jonston datant de 1662, la <italic>Historiae Naturalis de Arboribus et Plantis</italic>. Jonston est également cité par Régis, mais pour la faune plutôt que pour la flore.</p>
		</sec>
		<sec sec-type="conclusions">
			<title>Conclusion</title>
			<p>En 1701, la révision du <italic>Dictionnaire universel</italic> menée par Henri Basnage de Beauval révolutionne la pratique lexicographique puisqu’il s’agit alors de compiler un dictionnaire à partir de sources variées et reconnues, tout en faisant appel à des experts des différents domaines du savoir. La version originale du dictionnaire, composée une décennie plus tôt par l’Abbé Furetière, montre déjà l’importance des termes dans un dictionnaire encyclopédique. Par exemple, même si les entrées traitées dans cet article ne sont pas signalées en tant que ‘termes’, il est évident que l’abbé a commencé à donner une description de la flore de manière plus systématique que ne l’avaient fait les auteurs des dictionnaires antérieurs. La révision de Basnage approfondit ce travail sur la flore. En analysant la description des arbres brésiliens dans l’édition de 1701, un autre aspect d’importance terminologique et encyclopédique se révèle : la ‘traduction’ de nombreux textes sources dans la création d’entrées spécialisées. En effet, loin d’être simplement compilées, les entrées élaborées par l’auteur présumé, le médecin Régis, sont construites grâce à la traduction de sources en langue étrangères, notamment en latin, en anglais et selon toute probabilité en néerlandais et en allemand. La ‘traduction’ est d’ailleurs, pour Régis, un bon moyen de trouver un compromis entre le recours aux sources savantes et la nécessité de composer des entrées succinctes. </p>
			<p>La comparaison avec l’ouvrage de Bluteau ouvre d’autres horizons. Lors de son séjour parisien, Bluteau s’inspire de l’édition de 1690 de Furetière pour créer le premier dictionnaire encyclopédique du Portugais. Afin de décrire la flore brésilienne, Bluteau a recours aux témoignages des explorateurs, missionnaires et botanistes de son époque. À travers la comparaison entre le <italic>Dictionnaire universel</italic> de Basnage et le <italic>Vocabulario</italic> de Bluteau, un croisement des sources devient possible et nous indique que Régis et Basnage ont eux aussi eu accès aux ouvrages des missionnaires, notamment d’Acosta, bien qu’ils ne soient pas cités explicitement dans les entrées sur le Brésil du Basnage.</p>
			<p>En analysant des entrées concernant les arbres brésiliens, on observe donc combien le dictionnaire est, à cette époque, un véritable outil de médiation, un passeur de savoirs qui fait le lien entre de nombreux textes savants et les lecteurs contemporains mais aussi les lecteurs d’aujourd’hui. Même si la plupart des entrées dans le Basnage sont effectivement compilées, il semble que Régis ait fait un véritable travail de synthèse, nous permettant d’accéder à la fois à des informations se voulant exhaustives et concises, mais aussi aux documents sources qu’il a utilisés.</p>
		</sec>
		<sec>
			<title>Appendice</title>
			<sec>
				<title>ACACIA</title>
				<p>Terme de Botanique, qu'on donne à divers arbres, quoyque fort differens entreux. Il y a un acacia, qu'on appelle aussi cassie, <bold>qui croît en Egypte</bold>, &amp; qui est un grand arbre <bold>épineux</bold>, dont <bold>la fleur est</bold> jaune en quelques-uns, &amp; <bold>blanche</bold> en d'autres : <bold>son fruit</bold> qui est contenu <bold>dans des gousses, est semblable au lupin</bold>. Cet arbre nous fournit la gomme Arabique, &amp; un suc qu'on appelle le vrai acacia. Il y a une autre sorte d'arbre qui croît à Malabar, &amp; à Cranganoor, qu'on appelle aussi acacia. En Mesopotamie près du Tygre, &amp; dans les deserts d'Arabie près de l'Euphrate, on donne ce même nom à d'autres arbres, qui sont pourtant differens. Il y a encore un acacia du Bresil, &amp; un de Virginie. Il y en a un autre different des precedens, qu'on appelle acacia de l'Amerique, ou acacia Robini, parce qu'un nommé Robin <bold>Garde du jardin du Roi, est le premier qui l'a mis en vogue en France</bold> environ l'année 1650. Celui-cy a un tronc ample &amp; dur, &amp; une écorce noirâtre, qui n'est point armée d'épines, comme les acacia d'Egypte, &amp; de Cappadoce. Il jette par le haut des branches tendres, mouelleuses, &amp; qui sont garnies de beaucoup de pointes aigues. Ses feuilles ont cela de particulier, que sur le soir elles se replient par le milieu ; &amp; le matin, le soleil revenant, elles se r'ouvrent. Ses fleurs sont blanches, &amp; à bouquets. Depuis quelque temps on fait en France de belles allées de cet arbre. Il est indeclinable. Deux acacia au plurier. Men.</p>
				<p><bold>Acacia vera</bold>, le vrai acacia, <bold>en termes de Pharmacie, est le suc épaissi</bold> de l'<bold>arbre</bold> qu'on appelle acacia, ou cassie. <bold>Ce suc</bold> qu'on tire du fruit <bold>est haut en couleur</bold>, <bold>&amp; d'un rouge assez beau, d'une substance compacte, mais qu'on peut casser en frappant dessus, lors qu'il est bien desseché</bold>. <bold>On l'apporte en boules</bold> dans des vessies minces. Son <bold>goût</bold> est stiptique, &amp; tant soit peu <bold>piquant, mais</bold> assez <bold>agreable</bold>. </p>
				<p>Acacia Germanica d'Allemagne, est le suc tiré par expression du fruit du prunier sauvage, qu'on cuit en consistence d'électuaire, &amp; qu'on substitue à la place du vrai acacia. On appelle aussi acacia d'Allemagne, l'arbre même.</p>
				<p>BRESIL.s.m. <underline>Bois rouge &amp; pesant, qui est fort sec</underline>, &amp; qui petille beaucoup dans le feu, où il ne fait presque point de fumée, à cause de sa grande secheresse. Il est ainsi nommé à cause qu'il a été d'abord apporté du Bresil (<underline><italic>ou du Brasil qui selon P. Bouhours &amp; l’Auteur des Reflexions, se dit plus communement en parlant du pais)</italic></underline>. Quelques Teinturiers s'en servent pour les teintures : neanmoins il est deffendu par les reglemens ; &amp; on l'appelle une fausse couleur, parce que son rouge s'évapore facilement. Neanmoins le rouge incarnat, la rose seche, &amp; les canelas sont teins avec du bresil &amp; bois d'Inde, &amp; les violets sont montez de bresil &amp; d'orseille, &amp; puis passez sur la cuve d'Inde. Les acides changent le bresil en jaune; mais si on y met quelque alkali, il deviendra de couleur pourpre : desorte que si on met du citron, ou du vinaigre distillé dans la decoction du bois de bresil, il deviendra jaune; si on y met ensuite de l'huile de tartre, il se changera en violet ; de même si on y met du bois d'Inde.</p>
			</sec>
			<sec>
				<title>BRASIL</title>
				<p><underline>Pao vermelho, pesado, &amp; muito seco</underline>. Vid. na palavra Pao, Pao do Brasil. No Commento do Soneto 28. da Centuria 1. quer Manoel de Faria, que este pao se chamasse Brasil, de Braza, nome que significa o incendio da sua cor.</p>
			</sec>
			<sec>
				<title>PÂO</title>
				<p>Diz-se genericamente de qualquer lenha, &amp; madeyra [...] pao Brasil chamão os Portuguezes à planta, que os naturaes chamão Ibirapitanga. Tem a casca fusca, armada de pequenos espinhos, ramos, &amp; folhas oppostas humas às outras, &amp; flores a modo de bolotas, mas ocas, &amp; do comprimento de dous dedos. He do tamanho dos nossos carvalhos, &amp; às vezes taõ grossos, que tres homens não o podem abraçar. O pao he muyto duro, &amp; vermelho, &amp; de sua natureza taõ seco, que quando o queymão dá pouco fumo. Tinge tanto, que até as suas cinzas misturadas acaso em huma barrela, fizeraõ a roupa taõ vermelha, que naõ foy possivel tirar a cor. Tambem chamão Pao Brasil, outra planta, tambem cuberta de espinhos, que tem as folhas quasi da figura do coração. &amp; ramificadas com muytas veas, que do centro até a extremidade vaõ formando varios circulos. Este pao por dentro he muy vermelho, &amp; delle usaõ os Tintureyros, posto que em alguns Reynos he prohibido, porque o vermelho que este pao communica, facilmente evapora, &amp; desvanece. E he para advertir, que todo o licor azedo, como çumo de limaõ, vinagre estillado, etc. muda a decocçaõ do pao Brasil em amarello, o oleo de tartaro a faz roxa, &amp; com pedra hume se faz mais vermelha que lacre. Brasilicum lignum rubrum, ou lignum Brasilicum, i. Neut. sem mais nada.</p>
			</sec>
			<sec>
				<title>CASSE</title>
				<p>C'est un arbre qui vient fort haut : il ressemble au noyer par son tronc, par ses branches, &amp; par ses feuilles. Son tronc est d'une telle grosseur, qu'un homme ne sçauroit l'embrasser : il est couvert d'une <bold>écorce cendrée</bold>, de même que ses plus grosses branches. Cette écorce est d'un goût astringent, &amp; un peu amer. Ses feuilles sont composées de quatre paires de feuilles rangées sur une côte, qui est terminée par une seule feuille : elles sont larges à leur base, plus étroites &amp; aigues à leur pointe ; molles, denses, &amp; mediocrement épaisses. Ses fleurs sont jaunes, composées de cinq feulles disposées en rond. Son fruit est une silique ligneuse, de figure cylindrique, de la grosseur d'un pouce, ou environ, d'un pied &amp; demi, ou de deux pieds de long, &amp; qui devient noire en meurissant. Le creux de cette silique est divisé en travers en cellules par des cloisons enduites d'une substance moelleuse, un peu douce, blanche au commencement, ensuite jaune, &amp; qui enfin devient d'un rouge-noir. On trouve dans chaque cellule une semence plate &amp; presque ronde. La casse croît dans les païs chands, comme en <bold>Egypte</bold>, &amp; dans les Indes Orientales. Sa moelle ou pulpe est fort en usage en Medecine : on en fait des bolus, ou bien on la dissout dans quelque decoction : elle purge benignement la bile, &amp; les humeurs sereufes : elle convient dans les inflammations internes &amp; externes, temperant le sang &amp; le purifiant : elle est très propre dans les maladies de la poitrine qui sont causées par des humeurs acres. On s'en sert aussi avec succés dans les maladies des reins, &amp; de la vessie, &amp; dans les hemorroïdes. En Latin <bold>cassia fistula</bold> Alexandrina. Il y a une autre espece de casse qui vient au Bresil, qu'on appelle cassia fistula Brafiliana. Ses fleurs sont d'une trèsbelle couleur incarnate. Ses siliques sont plus grosses que celles de la precedente : la moelle en est d'un goût amer, &amp; desagreable. Une once de cette moelle purge plus que deux onces de l'autre. Casse odorante, ou Aromatique. Voyez Cassialignea. C'est la même chose&lt;pc&gt;.</p>
			</sec>
		</sec>
	</body>
	<back>
		<ref-list>
			<title>Références</title>
			<ref id="B1">
				<mixed-citation>AUDOUIN, J., éd. 1825. Dictionnaire classique d’histoire naturelle. Vol. Tome 7. Paris: Rey et Gravier, et Baudouin Fils. <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7308m">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7308m</ext-link>.</mixed-citation>
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							<surname>AUDOUIN</surname>
							<given-names>J.</given-names>
						</name>
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					<year>1825</year>
					<source>Dictionnaire classique d’histoire naturelle</source>
					<comment>Vol. Tome 7</comment>
					<publisher-loc>Paris</publisher-loc>
					<publisher-name>Rey et Gravier, et Baudouin Fils</publisher-name>
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				</element-citation>
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				<mixed-citation>BAILLON, H. 1876. Dictionnaire de Botanique Par M. H. Baillon Avec la collaboration de M.M.J. de Seynes, J. de L’anessan, E. Mussat ...: Dessins de A. Faguet. Hachette. </mixed-citation>
				<element-citation publication-type="book">
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							<surname>BAILLON</surname>
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					<year>1876</year>
					<source>Dictionnaire de Botanique Par M. H. Baillon Avec la collaboration de M.M.J. de Seynes, J. de L’anessan, E. Mussat ...</source>
					<publisher-name>Dessins de A. Faguet</publisher-name>
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				</element-citation>
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			<ref id="B3">
				<mixed-citation>BAUHIN, G. (1560-1624) Auteur du texte. 1623. Pinax theatri botanici Caspari Bauhini,... sive Index Theophrasti Dioscoridis Plinii et botanicorum qui a seculo scripserunt opera... ([Reprod.]). <ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97448m">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97448m</ext-link>.</mixed-citation>
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							<surname>BAUHIN</surname>
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				</element-citation>
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							<surname>BLUTEAU</surname>
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					<year>1712</year>
					<source>Vocabulario Portuguez et Latino</source>
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					<source>Caroli Clusii Atrebatis Curae posteriores, seu Plurimarum non antè cognitarum, aut descriptarum stirpium, peregrinorumq́ue aliquot animalium novae descriptiones: quibus &amp; omnia ipsius opera, aliáque ab eo versa augentur, aut illustrantur. Accessit seorsim Everardi Vorstii ... de eiusdem Caroli Clusii Vita &amp; obitu oratio, aliorumq́ue Epicedia</source>
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							<surname>CORNEILLE</surname>
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					<year>1694</year>
					<source>Le dictionnaire des arts et des sciences</source>
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					<volume>37</volume>
					<fpage>203</fpage>
					<lpage>226</lpage>
					<ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://doi.org/10.1515/lex-2021-0011">https://doi.org/10.1515/lex-2021-0011</ext-link>
				</element-citation>
			</ref>
		</ref-list>
		<fn-group>
			<fn fn-type="other" id="fn4">
				<label>4</label>
				<p>Les entrées dictionnairiques en langue française cités dans le texte et dans l’appendice émanent de l’édition du <italic>Dictionnaire universel</italic> de 1701 (Furetière 1701). Les entrées en Portugais sont de 1712 (<xref ref-type="bibr" rid="B4">Bluteau 1712</xref>)</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn5">
				<label>5</label>
				<p>Henri Basnage n’a jamais revendiqué la parenté du <italic>Dictionnaire universel</italic>, mais puisque les trois éditions principales du dictionnaire ont été réalisées sous la direction de trois personnes différentes, il est plus facile de les nommer selon le nom de leur éditeur. Ainsi, nous parlerons du Furetière (1690), du Basnage (1701 et 1708) et du Brutel (1725/27). L’édition de Brutel ne sera pas évoquée dans cette étude.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn6">
				<label>6</label>
				<p>Nous respectons l’orthographe du dix-septième siècle dans les citations et dans les titres des ouvrages consutés. La différence se trouve très souvent avec des caractères accentués.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn7">
				<label>7</label>
				<p>
					<ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://fr.wikipedia.org/wiki/France_antarctique/">https://fr.wikipedia.org/wiki/France_antarctique/</ext-link>
				</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn8">
				<label>8</label>
				<p>
					<ext-link ext-link-type="uri" xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Willem_Piso">https://en.wikipedia.org/wiki/Willem_Piso</ext-link>.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn9">
				<label>9</label>
				<p>Au total, 31 entrées désignant des arbres brésiliens ont été trouvés dans ce dictionnaire. La plupart sont explicitement désignés comme des arbres ou arbrisseaux du Brésil. On y trouve également « Acacia » et « Casse » dont la définition large propose seulement quelques lignes pour décrire la version brésilienne de ces plantes existant sur plusieurs continents. « Acajou » est désigné comme un « arbre d’Amérique » par Régis, mais l’entrée correspondant à son fruit, le « cajou », est clairement associé au Brésil, ce qui nous permet d’en faire de même avec l’arbre. Enfin, l’« Ambayba » et le « Caaroba » sont désignés comme appartenant aux « Indes Occidentales » alors qu’ils s’intègrent, chez Laet, à une liste d’arbres étant tous reconnus comme brésiliens par Laet et Régis. Nous les considérons donc aussi comme tels.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn10">
				<label>10</label>
				<p>Dans l’ordre chronologique : 1)(<xref ref-type="bibr" rid="B32">THEVET 1558</xref>) - 2)(<xref ref-type="bibr" rid="B19">LÉRY 1578</xref>) - 3)(<xref ref-type="bibr" rid="B7">CLUSIUS 1611</xref>) - 4)(<xref ref-type="bibr" rid="B3">BAUHIN 1623</xref>) - 5)(<xref ref-type="bibr" rid="B23">PARKINSON 1640</xref>) - 6)(<xref ref-type="bibr" rid="B17">LAET 1640</xref>) - 7)(<xref ref-type="bibr" rid="B21">MARCGRAVIUS ET PISO 1648</xref>) : les deux textes de Marcgravius et de Piso sont publiés ensemble - 8)(<xref ref-type="bibr" rid="B27">ROCHEFORT 1658</xref>) - 9)(<xref ref-type="bibr" rid="B25">PISO 1658</xref>) : Jacques de Bondt ou Bontius, <italic>medici civitatis Batavia Nova</italic>… publié dans un ouvrage de Willem Piso - 10)(<xref ref-type="bibr" rid="B31">TERTRE 1667</xref>) : ce texte est une version augmentée d’un ouvrage publiée par Dutertre en 1654 sous le titre <italic>Histoire générale des isles de saint Christophe, de la Martinique, de la Guadeloupe et autres dans l’Amérique</italic> : (<xref ref-type="bibr" rid="B14">HOFMANN 2001</xref>) - 11)(<xref ref-type="bibr" rid="B26">RAY 1688</xref>) - 12)(<xref ref-type="bibr" rid="B16">LA LOUBÈRE 1691</xref>) - Il faut y ajouter le <italic>Dictionnaire</italic> de l’Académie français et celui des sciences et des arts de Thomas Corneille tous deux publiés en 1694 :(<italic>Dictionnaire de l’academie francoise</italic> 1694), (<xref ref-type="bibr" rid="B8">CORNEILLE 1694</xref>).</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn11">
				<label>11</label>
				<p>Bauhin est cité à « Hivourae », Piso et Ray dans « Ombu », Dutertre, Clusius, Marcgravius, Bontius et La Loubere dans « Papaya ».</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn12">
				<label>12</label>
				<p>Mathurin Héret, bachelier en médecine et helléniste, est l’auteur ou, en tout cas, a largement contribué à l’écriture de ce texte. Il intente un procès à Thévet pour s’être attribué son travail : il est dédommagé des droits d’auteur, mais il n’obtient pas l’ajout de son nom sur la page de titre (<xref ref-type="bibr" rid="B20">LESTRINGANT, HOLTZ, ET LABORIE 2019</xref>).</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn13">
				<label>13</label>
				<p>Expédition encouragée par Henri II et l’amiral de Coligny, elle avait des motifs économiques, stratégiques mais aussi religieux, à savoir permettre à des catholiques et à des protestants français de vivre en harmonie sur une terre vierge, mais ce dernier objectif a vite été oublié lorsque Villegagnon met fin à toute tolérance à l’encontre des colons huguenots : (<xref ref-type="bibr" rid="B22">Marin, 2011</xref>) notice « France Antarctique » / (<xref ref-type="bibr" rid="B20">Lestringant, Holtz, et Laborie 2019</xref>) p. 471-479 / (<xref ref-type="bibr" rid="B18">« Le Voyage au Brésil - LAMO » s. d.</xref>) p. 50-51.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn14">
				<label>14</label>
				<p>De Léry et Thévet sont d’autant plus connus qu’à leur retour en France, ils s’affrontent par publications interposées pour dénoncer les mensonges de l’autre et s’attribuer le privilège d’être le seul à avoir écrit une histoire naturelle véridique du Brésil français. C’est aussi en tant que protestant et catholique que De Léry et Thévet s’affrontent, notamment à propos de leur perception des Indiens, de leurs vices et de leurs vertus.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn15">
				<label>15</label>
				<p>Jean de Laet, né à Anvers, est un géographe et un des historiens les plus renommés de la Compagnie des Indes Occidentales des Provinces-Unies. Avec un certain C. Barlaeus, il engage le jeune médecin Willem (ou Guilelmo) Piso à aller rejoindre le comte Jean Maurice de Nassau au Brésil afin de devenir son médecin ordinaire. C’est ce que fait Piso en 1638. Une fois installé, Piso, qui s’intéresse aussi aux sciences naturelles, propose d’organiser une expédition scientifique au Brésil. Il est soutenu par Laet dans ce projet et obtient l’accord de ses supérieurs. Il engage alors plusieurs scientifiques dont l’étudiant en médecine de Leyde George Marcgravius ou Marcgraf, qui est aussi astronome, géographe, mathématicien, et versé dans la botanique et zoologie. Piso et Marcgravius travaillent parfois ensemble et leur collaboration donne naissance à une <italic>Historia naturalis brasiliae…</italic> publiée par Piso en 1648 / (<xref ref-type="bibr" rid="B30">STOKVIS 1883</xref>) p. 10-11, 26-27</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn16">
				<label>16</label>
				<p>Almeloveen devient l’ami de Basnage de Beauval grâce à l’entremise de Pierre Bayle. Il invite Basnage chez lui, à Gouda, en 1692, puis c’est au tour de Basnage de lui proposer de se retrouver à Leyde, en juin 1695. D’autres rencontres, non documentées par la correspondance conservée, ont sans doute eu lieu entre les deux hommes. Almeloveen aide également Basnage dans son conflit avec Jurieu : en tant que médecin, il est désigné pour osculter le pasteur et déterminer s’il est en état de comparaitre face à son adversaire Basnage. (<xref ref-type="bibr" rid="B13">GRAVELEAU 2018</xref>), p. 212, 278, 306, 358, 646 et 649 / (<xref ref-type="bibr" rid="B2">BAILLON 1876</xref>) - Dictionnaire de botanique de Baillon, tome 1, 1876, p. 120, (« Hortus Indicus Malabaricus | Botany » s. d.).</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn17">
				<label>17</label>
				<p>Hans Sloane, Pierre Sylvestre, Moise Pujolas, Georges Stepney, Charles Montague, Leibniz (membre étranger), John Flamsteed et enfin le comte de Pembroke Thomas Herbert.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn18">
				<label>18</label>
				<p>(<italic>Catalogus librorum, quibus officinam suam auxit anno præterito 1691. Regnerus Leers, bibliopola Roterodamensis</italic>, 1691), p. 19.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn19">
				<label>19</label>
				<p>Imprimée en 1658 à Rotterdam chez Arnould Leers mais aussi en 1681 par Reinier Leers dans la même ville.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn20">
				<label>20</label>
				<p>Par exemple avec Adriaan Moetjens, libraire de la Haye avec qui Basnage de Beauval négocie les conditions d’édition d’un écrit de Leibniz. Il est aussi en contact avec M. de Lorme libraire à Amsterdam, ainsi qu’avec d’autres professionnels des métiers du livre comme M. de la Bouillonière, correcteur d’imprimerie chez Leers : (<xref ref-type="bibr" rid="B13">GRAVELEAU 2018</xref>) p. 312-313.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn21">
				<label>21</label>
				<p>L’Ecluse dans « Acajou » et « Cupayba », Thévet dans « Aouai », « Ayri », « bois Brésil » (ou Ibirabitanga) et « Hivourae », de Léry dans « Hivourae » et « Ibirapitanga ».</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn22">
				<label>22</label>
				<p>En effet, le pasteur protestant Rochefort s’oppose au missionnaire catholique Jean-Baptiste Dutertre (ou Du Tertre) : les deux hommes s’accusent mutuellement de donner une vision mensongère des Antilles : (<xref ref-type="bibr" rid="B15">HOFMANN 2001</xref>), (<xref ref-type="bibr" rid="B28">ROUX, s. d.</xref>) p. 213-215.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn23">
				<label>23</label>
				<p>Roucou qui est synonyme de Urucu. La forme Tupi pour urucum est [uru'ku]. Les cas comme celui-ci subissent souvent une méta-analyse car en Portugais, l’article défini au masculin singulier est, phonétiquement parlant, [u]. Par conséquent, urucu est analysé incorrectement comme o rucu ‘le rucu’. Cela signifie probablement que le substantif rucu était entendu à partir du Portugais.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn24">
				<label>24</label>
				<p>Aiabutipita, Ajuratibira, Ambaitinga, Ambayba, Anda, Araticupana, Ayri, Caaroba, Curupicaiba, Gabueriba, Igbucami, Igciga, Jabuticaba, Jequitinguacu, Mamoera.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn25">
				<label>25</label>
				<p>Pour tous les articles cités, voir <xref ref-type="bibr" rid="B12">Furetière (1701</xref>).</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn26">
				<label>26</label>
				<p>Acajou, Choine, Casse, Ibirapitanga, Jacapucaya, Ombu, Pequea.</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn27">
				<label>27</label>
				<p>Basnage tire probablement cette variante de la <italic>Suite des remarques nouvelles sur la langue française</italic> du Père Bouhours publiée en 1692, p. 414 « Remarques nouvelles s’il faut dire, Brasil ou Bresil. (…) Ces opinions differentes me font croire qu’on peut dire l’un &amp; l’autre en parlant de ce pays de l’Amerique meridionale (…). » (<xref ref-type="bibr" rid="B6">BOUHOURS 1692</xref>) et des <italic>Reflexions sur l’usage present de la langue françoise</italic> de Boisregard p. 68 « Brasil, Bresil. On dit Brasil ordinairement (…) » (<xref ref-type="bibr" rid="B5">BOIS-REGARD 1692</xref>).</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn28">
				<label>28</label>
				<p>&quot;Le fameux Charles de l'Ecluse, in posteriioribus curis, qui ont esté imprimees apres son deces par les Raphelenges, donne, selon les observations de Jean van Ussele, la figure &amp; la description de deux arbres, que nous avons estimé devoir rapporter ici. L'un &amp; l'autre de ces arbres est nommé des Portugais Mamoera, ou Mamoeiro, ils sont bien d'un mesme genre, mais differents de sexe, car l'un d'iceux, à sçavoir le masle, est sterile &amp; ne porte que des fleurs pendentes à de longues queuës, &amp; assemblees par floquets, tirant sur celles du sureau, d'un blanc iaunissant, &amp; presque du tout inutiles. (...) Celui qui avoit fait cette remarque ne sçavoit pas comme ils estoyent nommés entre les Sauvages, mais il disoit que les Portugais qui habitoyent en cette Province les nommoyent Mamoera, &amp; le fruict Mamaon, de la semblance qu'il a avec les mamelles, comme pense l'Ecluse, que les Espagnols nomment Mamas &amp; Tetas. L'un &amp; l'autre de ces arbres croist en cette partie de l'Amerique, dans laquelle est situee cette celebre baye appelle des Portugais Baya de todos los Sanctos.&quot; (p. 498)</p>
			</fn>
			<fn fn-type="other" id="fn29">
				<label>29</label>
				<p>&quot;Il y a deux especes de Pequea : une qui porte un fruict semblabe à l'orange, avec une escorce espaisse, dans laquelle est contenuë une certaine liqueur mielleuse, qui en douceur ne cede en rien au sucre, où il y a quelques noyaux meslés. Le bois de l'autre est estimé le plus dur &amp; pesant de tous ceux qui croissent en ces regions, les Portugais le nomment Setim, nullement suiet à pourriture.&quot; (p. 493)</p>
			</fn>
		</fn-group>
	</back>
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